Tendance agencement & déco n°2: du cocooning au nesting

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Tendance agencement & déco n°2: du cocooning au nesting

Dans ma série consacrée aux anglicismes dans le vocabulaire de la déco

(voir ce que j’en pense…),

après la tendance hiving, voici la tendance nesting.  De l’anglais nest, le nid ou nicher, le nesting est l’art de faire son nid. Jusque là, vous voyez à peu près de quoi je veux parler en matière de décoration: nid douillet, nid tout doux, nid chaleureux…

Mais alors, quelle est la différence avec le cocooning ?

La tendance cocooning ne date pas d’hier. De nombreuses revues de décoration y ont consacré leur une il y a plusieurs années déjà. Dans le magazine 100 idées déco n°5 (février-mars 2010), l’édito définissait cet anglicisme comme le « syndrome du ver à soie ». Cette traduction française me plaît bien. Revenons sur un concept déjà abordé dans ce blog dans l’un des tout premiers articles « Plaids: la douceur d’un cocon« . Pour qualifier ce besoin de confort protecteur, on utilisera des verbes comme se lover, se blottir, hiberner. Le verbe (anglicisme) « cocooner » est aussi dans le dictionnaire Hachette où il est traduit par « rester tranquillement chez soi, faire du cocooning » et le substantif (anglicisme) « cocooning » est défini par « comportement de quelqu’un qui recherche un confort douillet, sans risque ». Bref, le cocon soyeux tissé par le ver à soie est devenu par extension le cocon familial, endroit douillet où on se sent protégé. C’est le « sweet home » des britanniques.

Pour décrire le cocooning, rien n’est plus explicite que de vous donner pêle-mêle une suite d’adjectifs qui qualifieront mieux cette tendance que tous les longs discours. Participe au cocooning, tout ce qui est confortable, capitonné, chaud, voluptueux, douillet, matelassé, chaleureux, moelleux, doux… Pour créer cette ambiance de chalet, de refuge, voire de repli sur soi, on utilise des textures douces et des matières naturelles. Les accessoires sont à l’honneur: boutis, tapis, coussins, édredons, plaids, bougies, lanternes, etc complètent un mobilier invitant au confort autour de l’incontournable cheminée.

Mais c’est maintenant le printemps et il faut sortir de l’hibernation! Ouvrons-nous sur le jardin, regardons les oiseaux apprendre à voler!… Bon, OK, la transition n’est pas terrible, mais il faut bien passer du cocon au nid et je ne sais pas trop par quel bout dérouler le concept du nesting tant il est paradoxal…

Souvenez-vous que la tendance générale est depuis plusieurs années au décloisonnement général de nos habitations (pour faire plus connaisseur, on dit « espace de vie »! Voir l’article précédent sur les open spaces). Nous voici donc, grâce -ou à cause- de l’évolution des concepts architecturaux, condamnés à vivre dans des espaces très ouverts où la priorité est donnée à la libre circulation des personnes et de la lumière. Cette nouvelle configuration de l’habitat est donc confrontée à notre besoin légitime d’intimité. Le nesting est né du difficile équilibre entre intérieur ouvert, grandes hauteurs de plafond, étages en mezzanines d’une part et respect de la vie privée, confort chaleureux, espaces contrôlés d’autre part.

Bref, après avoir décloisonné l’espace, parfois à l’excès, on cherche maintenant des solutions pour recréer des lieux plus conviviaux. Le nesting en est une. Paradoxe sociétal…

Le concept complexe du nesting consiste à recréer une ambiance chaleureuse dans un espace ouvert, à évoluer dans de grands volumes tout en se ménageant de petits nids douillets qui ponctuent la maison comme des repères, des endroits « cosy »dans un univers trop froid. Pour cloisonner sans enfermer, on cherchera des solutions pour laisser passer la lumière et faire des transitions douces entre les espaces dédiés à différents usages: transparence des matériaux, souplesse des lignes du mobilier, création de sous-espaces. L’agencement et l’aménagement doivent donner une impression de fluidité générale, ne pas empêcher le regard de balayer l’ensemble du lieu d’habitation. La différence principale entre cocooning et nesting concerne, comme vous l’aurez compris, l’espace. Il en découle des différences notoires dans le domaine de l’ameublement, des matières, des couleurs et des éclairages, même si on retrouve les mêmes bases générales. En voici quelques exemples.

Comme pour le cocooning, le toucher est primordial dans la notion de nesting. Les matières utilisées sont douces, chaleureuses: laine bien sûr (mais en textures plus modernes comme le feutre dans le nesting), fourrure (fausse de préférence!),  fibres épaisses pour les tapis. Dans le concept de nesting, l’utilisation de beaux tissus s’associe à des meubles de formes arrondies. Les matières naturelles comme la laine vierge ou les plumes sont très prisées. L’épaisseur de la matière peut remplacer les couleurs.

Les couleurs chaudes de l’esprit cocooning sont remplacées dans le nesting par des couleurs plus neutres qui n’accrochent par le regard, pour que celui-ci embrasse l’ensemble de l’espace sans heurts. Le blanc est omniprésent. Le gris, les couleurs douces sont à l’honneur. Les couleurs vives ou plus soutenues ne sont pour autant pas exclues, mais elles sont utilisées de façon plus ponctuelle, pour marquer l’emplacement des « nids » qui rythment l’ensemble vivant de la ruche (voir la notion de « hiving » dans l’article précédent); elles apparaissent plutôt par touches de présence chaleureuse mais non omniprésente… Je ne sais pas si je me fais bien comprendre?… Pas facile de manier les concepts philosophico-sociologico-intellectuels!

L’éclairage est un exemple très parlant pour expliquer similitudes et différences entre cocooning et nesting… Nous en reparlerons car vous devez être fatigués de me lire!

Ce qui distingue le cocooning du nesting tient plus de l’esprit d’ouverture (voire de la folie des grandeurs!) que du besoin commun de convivialité et d’intimité: le nesting invite à la détente, au partage, au bien-être dans un espace largement ouvert; il donne aux grands espaces une atmosphère vivante mais rassurante.

Vous saurez, en fonction de la configuration de votre habitat, faire les bons choix pour vous sentir bien chez vous. C’est là l’essentiel. Donner des noms (barbares) à des concepts n’est qu’accessoire! Et si vous avez besoin de conseils, « SOS Société, nous sommes là pour vous aider! » (comme diraient Bernard et Bianca).

Nid dans un espace ouvert! Merci à Nedj pour cette photo.

A lire ou à relire:

Comprendre le métier de conseil: Coaching, relooking, home staging, what’s that ?
Savoir pourquoi faire appel à un coach déco: Conseils déco: pourquoi ? Pour qui ?
Obtenir des conseils par internet: Conseil déco: du nouveau A tous les étages
Offrir un cadeau original: Un conseil déco en cadeau
Connaître les anglicismes de la déco: Open spacing, hiving, nesting, color zoning?
Anglicismes suite… Tendance agencement & déco n°1: open spacing ou hiving
 
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De | 2016-12-27T09:35:57+00:00 17 avril 2012|Architecture, Blog, Couleurs & matières|8 Comments

À propos de Laure Mestre :

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